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J'ai peu d'apport. Qui peut me financer ?
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Entretien avec Annick MASUREL, déléguée territoriale Centre - Hauts-de-Seine Initiative.
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Association loi 1901, Hauts-de-Seine Initiative octroie des prêts d'honneur sans intérêts, ni garantie, et propose des garanties de prêts bancaires aux créateurs.
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Annick MASUREL : Hauts-de-Seine Initiative gère trois outils de financement :
- Le prêt d’honneur : prêt à taux 0 %, remboursable en cinq ans et d’un montant maximum de 15 000 €.
- La garantie de prêt bancaire (France Active ou FGIF).
-L’EDEN : avance remboursable (prêt sans intérêts ni garantie) octroyée par l’État d’un montant maximum de 6 098 €.
Ces outils sont mobilisables simultanément, en un seul dossier. Mais le choix d’un outil dépend des besoins en financement que nos chargés de mission vont d’abord examiner.
Le PCE est un autre outil un peu à part. Il s’agit d’un prêt de la Banque de développement des PME, compris entre 2 000 € et 7 000 €. Dans ce cas, nos chargés de mission se mettent en contact avec une banque pour monter un PCE.
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A. M. : Oui, car le rôle de ces outils de financement n’est pas de remplacer l’apport personnel, mais de le compléter. Le prêt accordé par Hauts-de-Seine Initiative va produire un effet de levier, et permettre ainsi l’accès au prêt bancaire.
Le prêt d’honneur comble un manque, mais il est obligatoirement accompagné d’un prêt bancaire.
Précisons aussi que c’est au porteur de projet de solliciter les banques. Par contre nous accompagnons les porteurs de projet dans leurs démarches bancaires et les aidons à définir une stratégie de financement cohérente par rapport à leurs besoins.
Donc nous demandons toujours un minimum d’apport personnel. Ce minimum est variable, tout dépend des moyens de chacun, de l’ampleur du projet et de la rentabilité prévue.
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A. M. : - Le siège et le lieu d’exploitation doivent se trouver dans les Hauts-de-Seine.
- L’entreprise doit être en cours de création ou créée depuis moins de trois ans (à condition de ne pas avoir déjà bénéficié d’un prêt bancaire). Il faut aussi préciser que Hauts-de-Seine Initiative ne finance pas les commerces ambulants ni les rachats de parts sociales.
- La viabilité économique du projet est également évaluée et nos conseillers s’assurent que la personne s’est bien renseignée sur certains aspects. Par exemple, il faut que l’étude de marché démontre un besoin potentiel dans une zone géographique donnée.
En fait, chaque projet est examiné dans sa globalité. Il y a l’aspect économique, mais il faut aussi que la personne possède les compétences pour le faire réussir. Lorsque le projet est finalisé, la personne vient le défendre devant le comité d’agrément.
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A. M. : Plusieurs facteurs interviennent, dont la taille du projet et le taux d’endettement.
La part des emprunts par rapport au total des besoins en financement ne doit pas être trop élevée. Nous vérifions aussi que le bénéfice dégagé dans les 3 premières années d’activité permettra de rembourser des emprunts.
Par exemple, une erreur classique des repreneurs d’un fonds de commerce est de croire que, parce que l’entreprise génère un gros chiffre d’affaires, leur bénéfice sera le même que celui de l’ancien gérant. Mais l’ancien chef d’entreprise n’avait peut-être plus aucun emprunt à rembourser. Ce ne sera pas le cas du repreneur…
Pour toutes ces raisons, il est difficile d’évaluer le taux d’endettement acceptable tant que le créateur n’a pas établi un plan de financement et un compte de résultat prévisionnel.
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A. M. : Comment demander à un banquier de s’impliquer dans un projet si le créateur lui-même ne le fait pas ? C’est une question de confiance. Il faut que la personne montre qu’elle croit en son projet. De plus, un minimum de fonds propres permanents dans l’entreprise est indispensable en cas de problème.
L’apport demandé par le banquier varie selon le montant des besoins, la nature de l’activité et le risque. La nature des besoins est également prise en compte : un banquier financera plus facilement des besoins d’investissement matériels que des besoins immatériels (besoin en fonds de roulement).
La part que le banquier accepte d’investir dans le projet dépend aussi de la qualité du projet, de la compétence du créateur et des garanties personnelles apportées.
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A. M. : La mobilisation de l’entourage autour du projet est fréquente et c’est un aspect positif. C’est encore mieux si cet argent familial est investi durablement dans l’entreprise, le temps qu’elle génère suffisamment de revenus. Finalement, les créateurs parviennent à mobiliser des fonds de cette façon alors qu’au départ, cela leur semblait difficile.
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A. M. : Nous précisons aux créateurs qu’il faut trouver un projet à leur taille, en adéquation avec leurs compétences et leurs moyens. Nous pouvons être amenés à leur dire que nous croyons en leur projet, mais que dans les conditions financières actuelles, ce n’est pas possible.
Nous leur conseillons dans ce cas de reporter leur projet ou de le modifier de façon à ce que les financements nécessaires soient réalistes.
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A. M. : Il est conseillé de ne pas s’engager dans la signature d’un bail sans financement. Le mieux est de signer une promesse de bail avec une clause suspensive à l’obtention d’un financement.
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A. M. : Si le comité d’agrément accorde le prêt, il peut être décaissé rapidement. À condition que la banque donne son accord pour un prêt, que l’entreprise soit immatriculée et que le porteur de projet ait signé au moins une promesse de bail pour un éventuel local.
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